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Cyril Douay de The Chase : "C'est assez léger, il y a pourtant une double lecture"
Posté le 15/04/2011 - Rubrique Coup de Coeur

Avant un passage par Montpellier ce samedi, The Chase par la voix de son créateur Cyril Douay revient dans une interview fleuve sur la création de ce magnifique projet.
Somme de plusieurs expériences, The Chase est avant tout le projet d'un homme en mouvement artistique permanent : Cyril Douay. Avant même la sortie de leur premier album, le multi-instrumentaliste, auteur et compositeur nous livre une interview fleuve et passionnante sur un projet viscéral au nom déroutant de The Chase. Nous, on adhère déjà.
Qu'est ce que The Chase ?
The Chase, c'est Sophie, Florian, Stéphane, Laurent et moi même à la guitare. On est un groupe monté après quelques chansons dans une période où on avait envie de chanter en anglais après une incursion dans le français. C'était l'occasion de revenir à ce genre de musique que j'aimais trop fort depuis des années. Ce sont surtout des amis et autres qui ont eu envie de bosser pour participer à l'élaboration de The Chase. Tout simplement.
Pourquoi ce nom, et est-il en relation avec The Chase d'Arthur Penn (NDRL : La Poursuite en français) ?
Non, pas grand chose à voir à part peut-être l'étymologie du mot. D'abord, il y a eu la création des chansons, le nom est venu après. J'écoutais des disques des années 80. Et, je voulais un titre qui reflète l'univers du groupe. Faut savoir, qu'au début, the Chase n'était qu'instrumental avant l'arrivée de Sophie. Je me suis basé, pour le nom, sur un titre du groupe allemand Propanganda, assez mythique dans les années 80. Les origines collaient assez bien. Le mouvement et l'énergie reflétaient parfaitement le nom de The Chase. Poursuivre quelque chose.
L'initiative de cette musique, c'est la conséquence de ton précédent groupe et le fait d'en avoir marre de chanter en français ?
Un peu de ça. C'était surtout une envie de changer. La chanson française, j'en ai jamais vraiment écouté. Ma grande sœur me faisait écouter quand j'avais 8-9 ans, The Cure, Joy division...et j'adorais ça. Puis j'écoutais Prince aussi. Il n'y avait chez moi pas grand chose de français. Il se trouve que pour les acrobates, le chanteur ait été influencé par Dominique A et Noir Désir. J'en ai donc un peu écouter. Puis, il y a eu un temps où je me lassais de faire ça. Quand j'ai repris le goût de la musique, je suis parti vers de la pop. Vers un son beaucoup plus anglo-saxon proche de mes racines.
Et puis, la pop, c'est anglo-saxon...
La pop en français, c'est très vite mièvre. Et puis, je ne sais pas écrire en français sur mes mélodies. Rythmiquement, les mots et les mélodies sonnent mieux en anglais car il y a une musicalité propre à cette musique. Il y a aussi l'envie de porter ma musique plus loin. Si on peux voyager avec The Chase, j'en serais assez heureux.
The Chase , c'est donc avant tout ton projet ?
Mes morceaux, mes paroles sont très personnelles. Très égocentrique. Je voulais me faire plaisir avant tout. Et aussi travailler avec des musiciens que j'admire. Après pour l'album, j'ai fais tout à l'envers. J'ai composé tous seul l'album même si d'autres musiciens m'ont accompagné dans l'aventure. Puis, maintenant, on travaille en groupe pour la scène. Dans l'avenir, je changerai forcément la manière de faire. Un truc plus simple où tout le monde y greffera son univers.
D'ailleurs, en parlant d'univers, il y a la touche de la chanteuse Sophie ?
Je compose, je chante sur les maquettes. Je n'ai pas encore franchit le cap de les interpréter en live. Il faut de l'amour en soi. Je suis allé sur Myspace à l'époque, c'était un rendez-vous incontournable. J'ai écouté le précédent groupe de Sophie. En plus, ils étaient de Montpellier. De ce hasard, j'ai contacté Sophie pour le titre Butterfly. Elle a accepté de suite et de fil en aiguille, elle chante sur tous les morceaux.
Internet est donc une plateforme très importante pour toi.
C'est clair. C'est primordial. Quand tu découvre un groupe en 1er partie, tu peux l'écouter instantanément sur les plate formes comme Deezer. C'est un super média. Tu as tout. Tu peux même suivre, découvrir des groupes de nombreuses choses. Et puis, le fait de pouvoir mettre directement de la vidéo sur les sons, c'est très intéressant. Beaucoup de groupe se fond connaître grâce à ça. L'indépendance est un plus dans ce milieu.
Quand j'écoute l'album, il y a quelque chose de très visuel dans ta musique. C'était une évidence à sa construction ?
Je suis content que tu l'ais remarqué. J'ai vraiment été influencé par l'image, les BO des films que j'aimais. La musique, l'ambiance, le sentiment que ça dégage me correspondent parfaitement. Je compose les morceaux avec des images dans la tête. L'un ne va pas sans l'autre. Dans the Chase, on est tous passionné par la vidéo et la photo.
En lisant des interviews, tu as déclaré avoir créé The Chase pour donner envie de danser aux gens. C'est l'unique raison ?
C'est plus profond que ça. L'information est beaucoup repris dans la bio, alors que l'envie de départ n'est pas forcément celle là. Cela vient plutôt du fait d'être passer par la chanson française un peu engagée. C'est le chemin inverse, à 40 ans, tu fais de la chanson française qui se veut engagé. J'en ai eu marre, je veux jouer devant des gens qui s'éclatent. Ma musique était au départ instrumentale pour me permettre une récré sur scène. Par ma musique, je voulais donner des émotions aux autres plus que de les éclater. La voix de Sophie m'a aidé dans ce sens. Sa sensibilité apporte un plus à The Chase. Elle m'a permis d'écrire des textes plus perso dans une période où j'étais pas très bien. Ma musique est aussi plus perso. L'avantage dans cette musique, c'est que les paroles peuvent être profondes et noires mais les mélodies plus entraînantes. Au prime à bord, c'est assez léger, il y a pourtant une double lecture.
D'ailleurs, question évidente à la couleur de l'album : Quels sont tes influences ?
Des choses plus anciennes jusqu'au folk américain de Dylan à the Cure et The Smith. Après quelque chose de plus américain comme The Pixies ou encore PJ Harvey. Dernièrement, j'écoute Ghinzu, Vampire Weekend ou encore Andrew Bird.
Des influences qui te nourrissent ?
Ça ressort car ça m'a nourrit en effet. C'est pas non plus volontaire. Par contre, je suis un peu passé à côté des années 70.
Pourtant, The Chase sonne comme un album des années 70 comme à l'écoute des synthé.
Je sais pas, ça a du ressortir dans les décennies d'après. Après le synthé, il y en avait pas mal dans les années 80 aussi. J'aime bien ce son. Le méllotron que j'utilise date des années 60, c'est ceux qu'utilisaient les Beatles.
Le premier album de The Chase est prévu pour bientôt. Comment s'est passée sa création ?
C'est une carte postale de 4 années . On a fait quelques tournées, on cherchait à arriver à ça. Puis, j'avais envie de bosser avec un producteur américain. J'aime la grosse production à l'américaine, le son, la rythmique... J'ai rencontré Mark Plati dont j'appréciais son travail chez David Bowie. Il y a quatre ans, on s'est envoyé des mails où il disait qu'il aimait notre musique. On s'est un peu perdu de vue par la suite. Et, il y a deux ans en France, en juillet, il est revenu vers moi. Et, il s'est déplacé à Montpellier pour me rencontrer. On a écouté nos sons dans mon studio. Il a adoré. Il a dit qu'il était libre en septembre. Et, c'était parti. Il est redescendu à Montpellier et en trois semaines on a travaillé sur l'album. Je suis parti à New York pour le mixer chez lui. Un rêve pour n'importe quel musicien , il est simple et il se met au niveau des gens en face de lui. Un super mec. Et puis, un petit montpelliérain à New York, le rêve. Six mois après, on signé chez Pias. Quand ça va sortir, je ne sais pas. En tout cas, on a du le repousser car les gens ne nous connaissaient pas. Peut être en septembre ou même en juin.
Actuellement, c'est l'occasion de travailler sur scène ?
Oui, on met cette période à profit pour travailler sur scène. Il y a quelque chose de ludique sur scène. Au départ, on jouait avec des bandes. Mais je trouvais ça un peu anodin. On a donc changé. Trouver un côté plus ludique. On bosse beaucoup beaucoup en répet' et même en résidence. Samedi, on va le défendre sur scène. C'est le grand moment.
Un peu d'appréhension ?
L'appréhension, si tu l'as pas, t'es mal barré. C'est important de bien faire. Transmettre des émotions. J'aime l'album, le faire vivre sur scène que cela soit temporaire est une nouvelle aventure. Ça me plait. On aimerait qu'il y ait du monde.
Surtout chez vous à Montpellier... D'ailleurs, Montpellier ?
Nous, on n'est pas forcément d'ici. Montpellier, c'est une super ville avec une grande qualité de vie. Mais, c'est bien de voir ailleurs. J'aime bien bouger car j'aime revenir. C'est important de revenir.
Avant de te laisser, qu'est ce qu'on peut souhaiter à the Chase ?
Que l'album rencontre son public. Qu'il y est suffisamment de gens en concert pour en faire d'autre. Et, que tout le monde s'éclate.
The Chase en concert à Victoire 2, samedi 16 Avril







