GUILLAUME LE CONQUERANT,
Oui, je sais, c’est un titre un peu facile lorsque l’on doit
parler d’un chanteur qui se prénomme Guillaume. Mais
dans ce cas précis, ce qualificatif est indéniablement
juste. Comment celui qui ne s’est jamais défini leader du
groupe Kaolin s’est-il tout à coup mué en chanteur solo,
acceptant une mise à nu intégrale et somme toute assez
bouleversante ? En se rassemblant pour mieux se ressembler.
C’est de fait l’histoire d’un auteur compositeur de 36
ans fier de recommencer sa vie artistique. Claude
Nougaro avait dit en son temps en recevant une Victoire
de la musique : « J’aurai passé ma vie à faire mes débuts
». Une phrase gorgée de sens et d’humilité qui sied
comme un gant à Guillaume et à cet album. Tel un homme
en proie à des instants fébriles, ce messager de la pop
avait donc envie de nous offrir sa face B, la plus personnelle
de son inspiration. Et d’obéir ainsi à cette loi qui fait
dire des choses graves ou parfois simplement très intimes
avec légèreté. Sous le préau, la plage… ou plus précisément
sous les préaux, les plages d’un disque enregistré
avec la plume brisée dans l’encrier et la craie qui lézarde
les tableaux...